Pour répondre aux commentaires du texte précédent…
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Il est 6h du matin présentement, alors je vais pas me lancer dans de grands débats, mais juste donner deux-trois points qui donneront une meilleure idée de ma vision personnelle des choses.
Quand les films Halloween, Nightmare on Elm Street, etc. sont sortis au début des années 80, c’était des trucs originaux.
On se comprend, ça ne puait pas l’originalité ni l’intelligence, mais c’était relativement nouveau. Ça inventait un genre.
De plus, ces cinéastes avaient grandi avec une passion commune – celle du cinéma.
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Ce que je veux dire par cette dernière phrase, c’est que t’as deux époques, deux écoles de pensée:
celle du cinéma classique tel qu’il s’est fait depuis les débuts du cinéma, et celle du cinéma-vidéoclip qui règne depuis 20 ans.
Quand j’ai entrepris des études en cinéma en 1997 (pour ensuite lâcher et y revenir 6 ans plus tard, mais ça c’est une autre histoire…) ils nous enseignaient le cinéma sur pellicule, autant que sur vidéo.
Le montage sur pellicule, etc.
Le montage sur pellicule vis à vis la vidéo, c’est comme la vraie photo (remarque le choix des mots) à la photo numérique: quand tu filme ou capture de quoi sur pellicule, tu fais attention en esti à ta shot.
Tu calcule, compose, cadre ton plan de manière à ne pas le rater.
L’ère du vidéoclip (et de la vidéo et des supports digitaux) a amené une façon de faire plus rapide, certes, mais plus “botchée” aussi.
Il y a des gars old school qui refusent de changer: Spielberg entre autres, qui tourne et monte en pellicule encore. Il a le souci des belles shots aussi.
Il y a un style classique qui se perd au profit d’un style de vitesse, d’effets, de sensations.
À une époque on filmait une bagarre; aujourd’hui on te met dans le feu de l’action (style “Fight Club“).
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Ce que j’essaie de dire, c’est que John Carpenter, Wes Craven, Bob Clark, David Cronenberg, etc. (pour ne nommer qu’eux) font partie de la dernière génération à avoir grandi avec un cinéma de style purement classique, un cinéma qui se voulait moins visuellement punché, si l’on veut, mais qui avait une portée.
Encore une fois (et je patauge dans mes explications…), ce que j’essaie de dire, c’est que leurs films avaient une portée. Ils ne faisaient pas un film pour se débarrasser, comme les “artisans” derrière les récent remakes le font.
Il y avait une vision. Même pour des films d’horreur, qui est un genre perçu comme de la junk food cinématographique. Ces gars là avaient une vision et une connaissance du cinéma hors-pair, un langage bien à eux, un style, une couleur,…
Une vision.
Une vision à long terme.
Je vais faire un pari avec toi: je te pari que tous les remakes d’horreur (parce qu’il est question de ça ici) des 10 dernières années (1998-2008) tomberont dans l’oubli au fil du temps.
Je ne crois pas que l’amour porté envers les films de John Carpenter, Dario Argento, Sam Raimi, etc, soit purement de nature nostalgique.
Je crois fermement que ces gars, qui savaient raconter une histoire originale par le biais du cinéma, étaient des Artistes accomplis. De vrais cinéastes. Ayant nourri un amour du cinéma depuis leur jeune enfance, se nourrissant de films de la Nouvelle Vague, du Néo-Réalisme italien, des films d’horreur de la Hammer, etc.
C’était des gars qui voyaient plus loin que le bout de leur nez. Et qui ont créé des films durables.
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Si je chie sur les remakes modernes, c’est qu’ils n’ont aucune vision, aucune portée. Ils n’existent que pour être consommés rapidement et re-chiés ensuite. Que pour profiter d’un titre qui a une histoire, pour profiter sans scrupules de franchises dont plusieurs personnes sont amoureuses.
Je ne crois pas que leur existence soit positive. Et je ne crois pas que ça incite les jeunes à voir les originaux. Pas la majorité du moins.
La plupart des gens qui ne sont pas des geeks comme moi vont au cinéma ou au club vidéo sans trop savoir le pourquoi du comment qu’un film a été fait, ni son historique, et ils se fichent bien que ça soit un remake: tant qu’ils en ont pour leur argent, dans cette ère du visuel et du sonore qui l’emporte sur le contenu….
Oui je suis élitiste et je déteste une certaine part du public, mais j’suis comme ça. Ça fait vingt ans que je vais au cinéma, j’en ai vu des cons dans les salles. J’ai étudié là-dedans parce que mon amour pour le cinéma est extrêmement grand, et j’haïs ça quand on se sert de vieux films et qu’on les viole à tour de bras comme les jeunes femmes Birmanes dans le film de Stallone, pour ensuite les jeter.
Du cinéma junk food.
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J’suis conservateur, je le sais. J’suis vieux jeu.
J’aime un cinéma de qualité, avec une caméra steady si possible, avec un réalisateur qui a une vision derrière la dite caméra.
Ce que j’ai aimé de Rambo, et je l’ai lu de quelqu’un d’autre par la suite aussi, c’est qu’il a amalgamé les deux styles:
Il a fait un film d’action moderne qui te met en plein milieu de l’action avec la caméra à l’épaule, mais il a aussi fait d’osti de belles shots avec trépied et tout, dignes du cinéma classique, nous montrant la beauté du paysage, ou soulignant des émotions chez le personnage principal (car pour moi Rambo était le personnage principal).
J’aime mon cinéma classique.
Même Tarantino, qui est considéré de cette génération “vidéoclip”, fait de putain de beaux films, visuellement parlant, qu’il soigne et dont on se rappellera dans 20 ou 30 ans.
Les gens ont beau ne pas aimer certains de ses films, ceux-ci bénificient d’une vision artistique qui passera au travers du temps. Tarantino est et demeure l’un des plus importants réalisateurs de notre époque.
Je n’aime pas le cinéma qui n’existe que pour créer un effet, les films “in your face”, réalisés par de jeunes hommes ou femmes ayant grandi devant leur télé, devant MTV, et dont le langage n’a rien à voir avec un vrai langage cinématographique, mais plutôt de la purée pour chats inspirée des vidéoclips.
L’expansion des technologies, du CGI (qui 95% du temps donne des résultats médiocres, et ce depuis presque 20 ans), ont amené toute une génération – autant de public que de créateurs – à être paresseux.
Paresseux, et tout sauf méticuleux.
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Je me sacre de ce que l’on pense de moi suite à ce que je viens de d’écrire: je crois fermement qu’une certaine qualité (et certaines connaissances) se perd au fil du temps, pour laisser place à l’idiotie commune.
Plus c’es gros, plus ça fait de bruit, plus ça plaît.
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Ça me fait toujours drôle d’entendre des gens parler (et ce dans tous les domaines de la vie) d’évolution, de dire que l’être humain évolue, qu’il fait des progrès, etc.
Alors que de toute ma vie je n’ai vu que le contraire: l’être humain perdre des acquis, devenir de plus en plus idiot… Je croyais que c’était évident pour tout le monde, mais quand j’entends des gens vanter les “mérites” de notre race ou de notre époque, je me rends compte que non…
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OK, je disgresse, et je vais trop loin.
Mais c’est pour dire que ma vision des choses, par rapport au cinéma, est nourrie par quelque chose de plus profond encore: un dégoût pour mon époque.
Dégoût pour la paresse volontaire des gens au plan intellectuel, pour le manque de curiosité, le manque d’originalité. Ça me frustre.
J’voyais un débat l’autre jour à Il va y avoir du sport, et on en venait à critiquer le manque de rigueur et d’intelligence (presque) de notre société actuelle.
C’est pas juste moi qui le dit, merde!
Ce que je disais dans mon texte sur le cinéma qui manque d’adultes, c’est la même chose: tout est tellement juvénile.
Ne me dites pas que c’est moi qui a vieilli. Je m’intéresse à des tonnes de trucs, dont je ne mentionne même pas la moitié ici sur ce blog, et ce ne sont pas que des trucs vieux jeu. J’suis resté jeune dans l’âme.
Mais je crois fermement qu’on vit dans un monde paresseux. C’est tout.
Et tant qu’on voudra pas se forcer, autant chez le public que les “créateurs”, on va nous chier des remakes sur le grand écran.
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Évidemment, il y a des exceptions. Tout n’est pas que noir ou blanc. Je sais différencier les choses.
Ce que vous venez de lire a été écrit en une heure (il est 7h15 maintenant), sur le coup de l’émotion, l’impulsion, et en le relisant plus tard aujourd’hui j’vais probablement dire comme vous: “Pour qui il se prend?!”
Je déteste mon époque oui, mais il y a encore de bonne choses.
Et quand je suis trop frustré par le cinéma, je me tourne vers la télé, où les vrais créateurs se sont dirigés depuis 10 ans.
C’était maladroit comme texte, et vous pouvez m’haïr pour ce que je viens d’écrire (oui Patate, je m’excuse encore pour mon opinion… c’est plus fort que moi…).
Libre à vous.
JF
MISE À JOUR:
Sur Aint-it-cool-news on peut lire d’autres commentaire de fans sur le sujet, dont celui-ci:
I was hoping at least
by Turd Furgeson |
Jan 30th, 2008
01:06:04 AM |
J’suis pas tout seul à penser ça…
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